Cuba, un monde à bâtir

Dès sa découverte, Cuba fut la plaque tournante des Caraïbes des explorateurs, Christophe Colomb en première ligne.

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Il était donc normal pour moi de commencer ici cette aventure autour du monde, telle une exploratrice des temps modernes, à la recherche du nuevo mundo, ou plutôt de ces personnes qui contribuent au quotidien à faire de notre monde, un monde meilleur.

En préparant ce tour du monde à la rencontre des acteurs du changement, je pensais rencontrer quelques personnes bien distinctes, réaliser des interviews, faire les reportages correspondants, puis enchaîner avec la destination suivante, impatiente de faire de nouvelles découvertes. C’était sans compter sur Cuba et ses habitants, aussi attachants que contrastés.

De Santiago de Cuba à La Havane, en passant par Baracoa, Carmargüey, Trinidad, Cienfuegos, Vinales, ..., et la campagne évidemment, c’est surtout en dormant chez l’habitant, dans les casas particulares, que nous avons vraiment pu appréhender la vie locale.

Dans un pays où le centralisme a été poussé à l’extrême, nous avons rencontré des personnes avec un grand sens de la fête, évidemment, mais surtout du partage, de l’entraide, également un grand sens de la débrouillardise et de l’entrepreneuriat. Depuis la légalisation des “petits boulots” ( vélo-taxis, coiffeurs, réparation en tout genre, jardinier, ... ), ce sont plus de 500 000 entrepreneurs installés, dans un esprit concurrentiel fair play.

Finalement, au pays de la Salsa, des villes coloniales et dans une époque post révolutionnaire, tout est à construire, tout reste à faire.

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Parmi les belles rencontres, il y a notamment Adrian, jeune étudiant qui a choisi de devenir médecin malgré les conditions difficiles d’exercice de la profession.

“ Etre médecin n’est pas seulement un métier, c’est une vocation. Au moment de choisir mon orientation professionnelle, j’ai pensé à tous ces métiers dont le salaire est bien supérieur dans mon pays, mais je n'ai jamais douté de ce que je voulais. L'idée d'avoir entre mes mains la possibilité d'aider quelqu'un m'a donné envie de choisir médecine, et ce depuis que je suis enfant. J'ai choisi la médecine avant tout parce que je pense que le monde changera pour le meilleur davantage grâce à une armée de blouses blanches avec stéthoscopes qu’avec une armée avec des fusils... La médecine est tout ce que j'ai toujours voulu et si je devais choisir à nouveau, je pendrai le même chemin, avec les mêmes valeurs ” *

La casa particular dont il s’occupe est une activité familiale. Tout le monde participe. Adrian étudie la journée, accueille des voyageurs entre deux cours, et retourne étudier le soir, une fois ces derniers couchés.

“ J'ai toujours pensé qu’on ne peut pas sauver le monde quand on ne peut même pas protéger son pays. Je veux vraiment aider tous les Cubains, mais aussi les citoyens du monde. Je pense que je fais de mon mieux pour travailler et étudier. Je rêve de construire une clinique pour aider les gens gratuitement. J'adorerais que l’accès aux soins soit plus important parce que le meilleur moyen de guérir est de prévenir en travaillant sur les facteurs de risque. Je veux finaliser mes études puis travailler et rechercher quelque chose qui puisse aider l'humanité ”.*

Manque de médicaments, de matériels et d’infrastructures, les conditions d’accès aux soins restent difficiles. Si Cuba voit naître de nombreux médecins, beaucoup sont envoyés au Vénézuela, accord entre les deux pays, en échange de pétrole. Rappelons que jusqu’à il y a peu, Cuba était peut être le dernier pays au monde à pratiquer encore le “troc” pour obtenir les matières premières indispensables au pays.

Pour rencontrer Adrian, voici le lien vers sa casa particular à Cienfuego, par ailleurs jolie ville dont la place principale est classée au Patrimoine mondiale de l’humanité par l’UNESCO.

Je pense aussi à José, pharmacien le jour, serveur le soir dans un restaurant de Baracoa pour arrondir ses fins de mois et faire vivre sa famille. Ou encore à Christina, professeur dans une école type BTS de La Havane qui fait des heures supplémentaires non rémunérées pour apprendre aux jeunes à faire leurs démarches administratives.

Finalement, avec toutes ces initiatives naissantes afin de faire avancer le pays, est-ce que Cuba ne serait pas en train de faire sa nouvelle révolution ?


Et pour avoir un aperçu en photos de Cuba, c’est par ici (à venir)

*propos traduits

Yael Derhy